Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a un programme nucléaire depuis la Seconde Guerre mondiale et a été l’un des premiers pays à développer et à tester des armes nucléaires. Les armes nucléaires britanniques se trouvent uniquement sur des sous-marins ; l’un d’eux est en permanence en patrouille en mer.

Le Royaume-Uni a commencé à développer des armes nucléaires dès la Seconde Guerre mondiale et a également participé au projet Manhattan. Le Royaume-Uni a été le troisième pays à se doter d’armes nucléaires.

En 1952, la première arme nucléaire britannique a été testée aux îles Montebello, en Australie-Occidentale, et en 1957, le pays a testé sa première bombe à hydrogène.

Le programme nucléaire britannique s’appelle Trident et l’arsenal se compose aujourd’hui d’environ 225 armes nucléaires, déployées uniquement sur des sous-marins.

Accords internationaux

Histoire

Dès 1941, le Royaume-Uni a étudié la possibilité de développer une bombe atomique dans le cadre du projet de recherche Tube Alloys. En 1943, des chercheurs britanniques ont participé au projet Manhattan américain, qui a conduit au développement des premières armes nucléaires au monde.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni a relancé son propre programme nucléaire et a réalisé son premier essai nucléaire en octobre 1952, appelé Operation Hurricane.

Les premières armes nucléaires britanniques étaient des bombes à chute libre embarquées sur des bombardiers. En 1968, un nouveau système a été introduit : des sous-marins équipés de missiles balistiques de longue portée sont devenus le cœur de la défense nucléaire britannique.

Entre 1952 et 1991, le Royaume-Uni a réalisé au total 45 essais nucléaires. Ils ont eu lieu en Australie, à Kiribati dans le Pacifique, ainsi qu’au Nevada Test Site aux États-Unis. Les essais ont entraîné des retombées radioactives et ont eu de graves conséquences pour les populations vivant dans les zones concernées.

Arsenal nucléaire

HMS Victorious, sous-marin à capacité nucléaire.

Le Royaume-Uni dispose aujourd’hui d’environ 225 ogives nucléaires. L’arsenal repose sur un seul système : la flotte de sous-marins du pays.

  • Le Royaume-Uni possède quatre sous-marins à capacité nucléaire.

  • Chaque sous-marin est équipé de 16 tubes de missiles.

  • Chaque sous-marin peut emporter environ 40 ogives nucléaires.

  • Chaque ogive a une puissance d’environ 100 kilotonnes de TNT.

L’un des sous-marins est en permanence en patrouille en mer, tandis que deux des autres peuvent être déployés à court préavis. Le quatrième est généralement en maintenance ou en réparation.

Le sous-marin en patrouille est en état d’alerte relativement faible. Les missiles ne sont pas préprogrammés sur des cibles fixes et ne peuvent être tirés que plusieurs jours après un ordre du gouvernement britannique.

Le port d’attache des sous-marins se trouve à Faslane et le dépôt des ogives à Coulport, tous deux en Écosse.

Modernisation des armes nucléaires

L’arsenal nucléaire du Royaume-Uni est en mutation. Le gouvernement a décidé de porter le nombre maximal d’ogives nucléaires à 260, ce qui se fera probablement en remettant en service d’anciennes ogives qui étaient auparavant destinées à être démantelées.

Parallèlement, quatre nouveaux sous-marins à capacité nucléaire sont en cours de développement pour remplacer la flotte actuelle, ainsi qu’une nouvelle ogive nucléaire. Ces investissements visent à moderniser durablement les capacités nucléaires britanniques.

En plus des armes nucléaires embarquées sur sous-marins, le gouvernement a annoncé que le Royaume-Uni achèterait 12 nouveaux avions de combat de type F-35A, qui peuvent être équipés d’armes nucléaires. Ces avions devraient participer à la mission nucléaire de l’OTAN.

Rôle des armes nucléaires dans la stratégie de sécurité nationale

Le Royaume-Uni applique une stratégie appelée « dissuasion continue en mer », ce qui signifie que le pays maintient en permanence au moins un sous-marin à capacité nucléaire en mer.

Dans l’éventualité où le gouvernement britannique serait neutralisé par une attaque nucléaire, le Premier ministre a, à l’avance, rédigé une lettre secrète au commandant du sous-marin, avec des instructions sur la conduite à tenir. Selon certaines informations, la lettre peut contenir des options telles que :

  • se placer sous le commandement des États-Unis.
  • se rendre en Australie.
  • procéder à des représailles.
  • ou agir selon son propre jugement

Le programme nucléaire britannique est étroitement lié aux États-Unis, sur les plans technique et stratégique. Selon la Federation of American Scientists (FAS), plusieurs experts s’interrogent sur le fait que le Royaume-Uni dispose, en pratique, d’une dissuasion nucléaire entièrement indépendante, même si le pays décrit officiellement sa dissuasion comme autonome.

Dans le cadre du document stratégique Global Britain in a Competitive Age (2021), le gouvernement a écrit que les menaces venant de la Russie et de la Chine, ainsi que les évolutions technologiques, étaient à l’origine de ces changements. Dans cette politique, le Royaume-Uni n’exclut plus l’utilisation d’armes nucléaires contre d’autres types de menaces que les seules attaques nucléaires.

Le Royaume-Uni et la France ont conclu en 2025 un nouvel accord visant à renforcer la coopération, notamment en créant un « styrgrupp för kärnvapen ». La déclaration dit : « Nos armes nucléaires sont destinées à dissuader les menaces les plus extrêmes contre la sécurité de nos nations et nos intérêts vitaux. Nos armes nucléaires sont indépendantes, mais peuvent être coordonnées et contribuer de manière significative à la sécurité globale de l’Alliance ainsi qu’à la paix et à la stabilité dans la zone euro-atlantique. »


En savoir plus

Politique

Interdiction des armes nucléaires

Conséquences

Sites d’essais nucléaires


Sources et autres informations

Nuclear Notebook: United Kingdom nuclear weapons, 2024, Hans M. Kristensen, Matt Korda, Eliana Johns och Mackezie Knight
Nuclear Testing in Australia, ICAN Australia
Global Britain in a competetive age – The Integrated Review of Security, Defence, Development and Foreign Policy, HM Government, Storbritannien, mars 2021
Nuclear Weapons Ban Monitor, Norsk Folkehjelp

Author

Médecins suédois contre les armes nucléaires

Last updated
2 juillet 2026