Essais nucléaires

Des essais nucléaires sont effectués pour tester le fonctionnement, la puissance explosive et les effets d’armes nucléaires en cours de développement. Lorsqu’un pays développe un nouveau type d’arme — ou modifie une arme existante — il veut s’assurer que la conception fonctionne comme prévu et que la puissance correspond aux calculs.

Mais les essais ne concernent pas seulement la technique. Ils ont aussi eu une portée politique.

Accords internationaux sur les essais

Il existe plusieurs accords internationaux qui réglementent ou interdisent les essais d’armes nucléaires :

Les essais comme signal politique

La plupart des États ayant développé des armes nucléaires ont réalisé des essais et ont ainsi montré publiquement qu’ils sont des États dotés d’armes nucléaires. Le seul État doté d’armes nucléaires qui, à notre connaissance, n’a pas procédé ouvertement à un essai est Israël.

Les essais servent à étudier le fonctionnement des armes dans différents milieux — par exemple dans l’atmosphère, sous l’eau ou sous terre. Mais ils ont aussi eu une fonction politique claire : démontrer une puissance scientifique et militaire et envoyer un signal de puissance ; c’est pourquoi les essais ont eu une dimension politique marquée.

Qui a fait quoi?

Selon l’organisation CTBTO, un total de 2060 essais nucléaires ont été réalisés depuis que les États-Unis ont testé la première bombe atomique en juillet 1945. Plus de 500 d’entre eux ont eu lieu dans l’atmosphère ou sous l’eau — le reste sous terre.

Pays Nombre Années
nÉtats-Unis 1032 1945–1992
Union soviétique/
Russie
715 1949–1990
France 210 1960–1996
Royaume-Uni 45 1952–1991
Chine 45 1964–1996
Corée du Nord 6 2006–2017
Inde 2 1998
Pakistan 2 1998
Israël ?

La plupart des États dotés d’armes nucléaires ont utilisé les essais pour confirmer leur possession d’armes nucléaires. Israël est le seul État doté d’armes nucléaires qui n’a pas réalisé ouvertement d’essai.

Essais atmosphériques

Les essais atmosphériques sont réalisés au-dessus du sol — par exemple sur des tours, depuis des ballons, des barges, des avions ou via des fusées à haute altitude.

Les bombes qui ont explosé à basse altitude — comme les premiers essais atmosphériques effectués depuis le sol ou depuis une barge — ont généré de grandes quantités de retombées radioactives.

Dans les années 1950 et 1960, la majorité des essais ont été effectués dans l’atmosphère, car ils étaient moins coûteux et plus faciles à évaluer.

Conséquences

Les essais atmosphériques ont entraîné la dispersion de grandes quantités de substances radioactives autour du globe, portées par les vents, formant un dépôt radioactif sur le sol. Les substances radioactives issues de ces essais sont toujours présentes et peuvent encore provoquer des cancers.

Les conséquences environnementales ont amené les populations à s’inquiéter des effets des essais sur leur santé.

Partout dans le monde, une forte opinion publique s’est formée en faveur d’une interdiction des essais, et en particulier des essais atmosphériques. Cela a contribué à la conclusion du traité d’interdiction partielle des essais en 1963 entre les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni.

Essais sous la surface de l’eau

Les essais sous-marins consistent à faire exploser une charge sous la surface de l’eau, ou juste en dessous. L’objectif était principalement d’étudier les effets sur les sous-marins, les navires et les milieux marins.

Conséquences

  • Eau, pluie et brouillard radioactifs.

  • A affecté des navires et a empoisonné des équipages ainsi que des écosystèmes marins.

  • Impact environnemental durable dans les zones d’essai.

Essais souterrains

Les essais souterrains sont réalisés à des profondeurs variables sous la surface du sol. Après 1963, cette méthode est devenue la plus courante, car les autres formes ont été interdites par le PTBT.

Plus de 75 % de tous les essais nucléaires ont été réalisés sous terre.

Si un essai souterrain est soigneusement contrôlé et limité, il produit moins de retombées radioactives qu’un essai atmosphérique.

Conséquences

Les essais souterrains risquent d’ouvrir des brèches dans la surface, permettant à de grandes quantités de substances radioactives de s’échapper dans l’air avec la terre et la poussière.

Ils peuvent aussi créer des cavités sous la surface avec de minces « toits » susceptibles de s’effondrer plus tard et de libérer des substances radioactives.

Des essais souterrains puissants peuvent également provoquer une activité sismique, c’est-à-dire déclencher des tremblements de terre, des tsunamis et des glissements de terrain.

Essais sous-critiques

Plusieurs États dotés d’armes nucléaires — dont les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et probablement la Chine — ont continué à développer et à entretenir leurs armes nucléaires par des méthodes alternatives telles que :

  • Simulations informatiques

  • Expériences de fusion

  • Essais sous-critiques

Les essais sous-critiques sont des expériences avec des matières fissiles où la masse critique n’est pas atteinte. Il n’y a donc pas de réaction nucléaire auto-entretenue ni d’explosion nucléaire complète.

À la place, on teste des éléments de la conception de l’arme en comprimant de petites quantités de plutonium ou d’uranium au moyen d’explosifs conventionnels.

Il peut s’agir de quelques kilos de plutonium de qualité militaire ou d’uranium de qualité militaire comprimés par des explosifs conventionnels dans une configuration. Cette configuration partage au moins certaines parties avec une véritable arme nucléaire, dont les conceptions et les matériaux sont ainsi testés.


En savoir plus

Sites d’essais nucléaires

Conséquences

Les survivants des bombes atomiques

Que se passe-t-il quand ça explose?


Sources

Is it Safe? 2025, Norsk Folkehjelp
Nuclear test impacts, International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)
Subcritical Experiments, Frank von Hipple, Bulletin of Atomic Scientists, 2012

Author

Médecins suédois contre les armes nucléaires

Last updated
4 juillet 2026